Dès l'enfance, j'ai été percutée par le monde des arts visuels et, rapidement, j'ai voulu en comprendre le langage. J'avais l'intuition de devoir m'y engager, puis, la certitude m'est venue de m'y adonner entièrement.

Mon parcours est celui d'une autodidacte avide de découvertes. Ma curiosité m'a mené à croiser des artistes majeurs qui m'ont enseignés et fait cheminé vers l'élégance picturale. Élaine Despins restera l'influence la plus marquante de par son immense talent mais aussi sa grande sensibilité.
Les peintres d'aujourd'hui et d'hier ont aussi été mon école, car bercée par les figures anguleuses et des compositions magistrales des expressionnistes et des symbolistes, mon style s'est affirmé et consolidé. Je reste d'ailleurs fascinée par les artistes contemporains.

Je suis néanmoins une peintre qui aime se fier à son instinct et qui laisse son regard sur le monde qui l'entoure impreigné ses toiles. Des taches de couleurs sur le sol, la posture d'une vieille dame dans le métro, des graffitis sur les murs de sa ville, la voix d'une chanteuse d'opéra, un film en noir et blanc peuvent tous être préambule à la création. En quelques sorte, c'est ma réalité distortionnée qui vous parvient.

Je me figure d'ailleurs les personnages qui habitent mes toiles comme des animaux urbains, des animaux dont je traque la chair et l'histoire et que je maquille à mon gré. Pensifs et silencieux, ils sont figés dans un immobilisme contemplatif. Ils incarnent le doute, la méfiance, une grâce statique, un air résigné, propre à faire surgir l’anecdotique être humain. D'une façon tout à fait contradictoire, le mutisme de ces figures tristes ou torturées aspirent à créer un vif sentiment chez qui les contemple, sentiment saisissant d'inconfort. Toutefois, les flocons Pop art colorés de mon collaborateur André Demers viennent parfois les égayés.